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Diversité et inclusion : au-delà des discours, les pratiques qui font vraiment la différence

Les entreprises françaises multiplient les chartes et les engagements en matière de D&I. Mais les pratiques qui transforment réellement la représentation et l'inclusion des personnes sous-représentées sont plus rares et plus exigeantes.

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Sandrine Bellot

·8 min de lecture
Leadership Français
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Source éditoriale : Les Talents Français

Diversité et inclusion : au-delà des discours, les pratiques qui font vraiment la différence
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La diversité et l'inclusion sont devenues des priorités affichées dans la quasi-totalité des grandes entreprises françaises. Chartes signées, référents nommés, objectifs déclarés : les engagements formels se multiplient. Mais la corrélation entre ces engagements et les évolutions réelles de la représentation et de l'expérience des personnes sous-représentées reste décevante dans de nombreuses organisations. La distance entre le discours et la pratique est le problème central des politiques D&I dans les entreprises françaises.

Les pratiques qui font vraiment la différence sont celles qui agissent sur les processus concrets, pas sur les représentations. La déstructuration des processus de recrutement — suppression des CV anonymes remplacés par des entretiens structurés avec des grilles d'évaluation identiques pour tous les candidats, formation des recruteurs aux biais inconscients, diversification des canaux de sourcing pour atteindre des viviers de candidats habituellement invisibles — génère des changements mesurables dans la diversité des personnes recrutées.

Le mentorat ciblé est une pratique dont l'efficacité est bien documentée. Les femmes, les personnes issues de milieux sous-représentés dans les postes de direction, les collaborateurs en situation de handicap : ces populations bénéficient significativement d'accès à des mentors qui les aident à naviguer dans les codes non écrits de l'organisation, à gagner en visibilité et à accéder aux opportunités. Les programmes de mentorat formels — avec des engagements clairs de la part des mentors et un suivi par la DRH — sont bien plus efficaces que les invitations informelles à "trouver un mentor".

La mesure est indispensable mais insuffisante. Mesurer la représentation des différentes catégories à chaque niveau hiérarchique, dans les plans de succession et dans l'accès aux formations et aux opportunités est une condition nécessaire pour identifier les problèmes, mais pas suffisante pour les résoudre. La mesure doit s'accompagner d'objectifs clairs et d'une responsabilisation des managers sur ces objectifs. Les organisations qui ont intégré des indicateurs D&I dans les évaluations de performance et les plans de rémunération variable de leurs managers observent des progrès plus rapides que celles qui se contentent de mesurer sans conséquence.

La culture inclusive — l'expérience quotidienne d'appartenance et de valorisation que vivent les collaborateurs issus de groupes sous-représentés — est plus difficile à construire que la diversité de représentation, mais elle est indispensable à la rétention. Une organisation peut recruter avec succès des personnes issues de groupes sous-représentés mais les perdre si la culture quotidienne leur envoie des signaux d'exclusion : non-invitation aux réunions informelles, interruptions systématiques, non-reconnaissance des contributions, codes de communication qui excluent implicitement certains profils. Ces signaux, souvent non intentionnels, sont le bruit de fond d'une culture non inclusive qui ne se résout pas par des chartes mais par un travail de transformation culturelle patient et soutenu au plus haut niveau.

L'accessibilité aux personnes en situation de handicap est le domaine où les progrès sont les plus lents et les pratiques les plus en retard par rapport aux engagements. L'obligation légale d'emploi des personnes handicapées (6 % des effectifs) est respectée par moins de la moitié des entreprises françaises, et la plupart s'en acquittent via la contribution à l'AGEFIPH plutôt que par le recrutement direct. Les entreprises qui ont construit une véritable politique d'emploi des personnes en situation de handicap — adaptation des postes de travail, formation des managers, partenariats avec des Esat et des associations spécialisées — témoignent de bénéfices concrets : engagement des collaborateurs, réduction du turnover, amélioration de l'image et de la cohésion d'équipe.

La mesure est indispensable mais insuffisante. Mesurer la représentation des différentes catégories à chaque niveau hiérarchique, dans les plans de succession et dans l'accès aux f…”

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À propos de l'auteur

Sandrine Bellot

Rédacteur pour Leadership Français. Spécialiste de culture et des enjeux économiques contemporains.