L'épargne salariale est l'un des outils de rémunération les moins bien exploités par les PME françaises. Pourtant, ses avantages sont considérables : pour les salariés, c'est un complément de rémunération partiellement ou totalement défiscalisé. Pour l'entreprise, c'est un outil d'intéressement à la performance, de fidélisation et d'attractivité à un coût réel inférieur à celui d'une augmentation de salaire équivalente. La réforme de 2019 a simplifié les démarches pour les PME, rendant ces dispositifs encore plus accessibles.
L'intéressement est le dispositif le plus flexible. Il permet d'associer les salariés aux résultats ou aux performances de l'entreprise, selon des critères définis librement dans un accord collectif. Les sommes versées sont exonérées de charges sociales patronales (seul le forfait social de 20 % s'applique, et il est supprimé pour les entreprises de moins de 250 salariés en cas de premier accord), déductibles du bénéfice imposable de l'entreprise et exonérées d'IR pour les salariés (dans la limite du quart du PASS annuel). Ce double avantage fiscal — pour l'entreprise et pour les salariés — rend l'intéressement particulièrement attractif comparé à une augmentation de salaire classique.
La participation est un dispositif obligatoire pour les entreprises de plus de 50 salariés mais peut être mis en place volontairement dans les PME plus petites. Elle consiste à distribuer aux salariés une partie des bénéfices réalisés, selon une formule définie par la loi. Comme l'intéressement, les sommes versées bénéficient d'avantages fiscaux et sociaux.
Le Plan d'Épargne Entreprise (PEE) est le support sur lequel les salariés peuvent placer leur intéressement, leur participation et leurs versements volontaires, avec un abondement optionnel de l'employeur. Les sommes investies dans le PEE sont bloquées pendant cinq ans (sauf cas de déblocage anticipé), et les plus-values générées sont exonérées d'IR (mais pas de prélèvements sociaux). L'abondement de l'employeur — contribution supplémentaire de l'entreprise pour chaque versement du salarié — est un puissant incitatif à l'adhésion et à l'épargne.
La mise en place de ces dispositifs est plus simple qu'il n'y paraît pour les PME. Pour les entreprises de moins de 50 salariés, un accord de branche ou une décision unilatérale du dirigeant suffisent pour mettre en place l'intéressement. Des prestataires spécialisés (Amundi, AG2R La Mondiale, Natixis Interépargne) proposent des solutions clé en main adaptées aux PME, avec des outils de calcul et de gestion qui simplifient l'administration de ces dispositifs. Le coût de gestion est faible par rapport à la valeur créée pour les salariés et à l'avantage compétitif que ces dispositifs confèrent en termes d'attractivité et de fidélisation.