La France figure parmi les pays les moins robotisés d'Europe occidentale pour sa taille économique. Avec environ 75 robots pour 10 000 employés dans l'industrie manufacturière — contre 400 en Corée du Sud et 200 en Allemagne — l'industrie française présente un déficit d'automatisation qui pèse sur sa compétitivité. La robotique collaborative, dite cobotique, est présentée comme l'une des réponses à ce retard, car elle propose une automatisation plus accessible et plus flexible que la robotique industrielle traditionnelle.
Les cobots se distinguent des robots industriels classiques par plusieurs caractéristiques. Ils sont conçus pour opérer en sécurité à proximité immédiate des opérateurs humains, sans cage de protection. Leur programmation est simplifiée — souvent par démonstration directe plutôt que par code — ce qui les rend accessibles à des opérateurs sans compétences techniques avancées. Leur coût est généralement inférieur à celui des robots industriels traditionnels, avec des prix d'entrée autour de 20 000 à 30 000 euros.
Malgré ces avantages, l'adoption des cobots reste lente dans les PME françaises. Plusieurs obstacles persistent. Le premier est culturel : les dirigeants de PME ont souvent une perception négative de l'automatisation, associée à des suppressions d'emplois. Cette perception est en décalage avec la réalité des déploiements de cobots, qui dans la quasi-totalité des cas observés, repositionnent les opérateurs sur des tâches à plus haute valeur ajoutée plutôt que de les supprimer.
Le deuxième obstacle est le manque de compétences internes pour intégrer, programmer et maintenir les cobots. Les petites entreprises n'ont pas de service méthodes ou de bureau d'études capable de gérer un projet d'intégration robotique.
Le troisième obstacle est le retour sur investissement difficile à calculer a priori. Sans cas client comparables dans le même secteur d'activité et pour des applications similaires, il est difficile pour un dirigeant de PME de construire un business case convaincant.
Les initiatives publiques commencent à mobiliser les ressources nécessaires pour accélérer l'adoption. Le dispositif Robotisation des TPE-PME de Bpifrance propose des prêts à taux bonifiés pour financer les projets de robotisation.
