L'écosystème biotech et medtech français attire des regards de plus en plus intéressés de la part des investisseurs étrangers. Des fonds américains, britanniques et asiatiques qui avaient longtemps ignoré le marché français au profit de Boston, San Francisco ou Cambridge prennent désormais des participations dans des entreprises françaises qu'ils considèrent parmi les meilleures opportunités d'investissement en santé disponibles sur le continent européen.
Cette attractivité croissante s'explique par plusieurs facteurs. Le premier est la qualité de la recherche fondamentale française. L'Inserm, le CNRS, l'Institut Pasteur et les universités de médecine produisent des publications de rang mondial dans les domaines de l'immunologie, de la génétique, de la neurologie et de l'oncologie. Ces publications constituent le substrat scientifique sur lequel des start-up prometteuses se développent.
Le deuxième facteur est la valorisation : les entreprises françaises se négocient généralement à des multiples moins élevés que leurs équivalents américains pour des niveaux de maturité technologique comparables. Cette différence de valorisation — souvent de 30 à 50 % — représente une opportunité d'entrée attractive pour des investisseurs qui comparent leurs opportunités à l'échelle mondiale.
Le troisième facteur est la qualité du système de santé français comme terrain d'expérimentation et de validation. L'accès à une base large de patients, via l'AP-HP et les CHU régionaux, permet de mener des études cliniques de qualité avec des coûts inférieurs à ceux des États-Unis.
Les secteurs qui attirent le plus l'attention des investisseurs étrangers sont l'oncologie de précision, l'immunologie et les maladies auto-immunes, la santé mentale numérique et la neurologie. Dans ces domaines, plusieurs entreprises françaises ont atteint des jalons cliniques significatifs qui les positionnent comme des cibles d'acquisition potentielles pour les grands groupes pharmaceutiques mondiaux.
Les corporate venture arms des grandes pharma sont souvent les premiers investisseurs étrangers à s'intéresser aux start-up biotech françaises, avant que les fonds spécialisés ne prennent le relais pour des tickets plus importants en Séries B et C.