La course au quantum computing s'apparente à une nouvelle course à l'espace : des investissements publics massifs, une compétition entre grandes puissances, des jalons technologiques qui font la une des revues scientifiques mondiales, et une incertitude profonde sur le calendrier réel du déploiement commercial. Dans cette compétition, la France occupe une position remarquable pour un pays de sa taille — dans le top 5 mondial selon la plupart des classements — grâce à la qualité de sa recherche académique et à des investissements publics ciblés.
Le Plan Quantique français, doté de 1,8 milliard d'euros sur cinq ans, a structuré l'écosystème autour de quatre axes : les ordinateurs quantiques, la cryptographie post-quantique, les capteurs quantiques et les communications quantiques. Ce plan a permis de financer des startups comme Alice&Bob, Quandela, C12 Quantum Electronics et Pasqal, qui représentent différentes approches technologiques vers le même objectif : construire un ordinateur quantique tolérant aux erreurs.
La particularité de la France est d'avoir parié sur plusieurs approches technologiques simultanément. IBM et Google ont largement misé sur les qubits supraconducteurs. La France a des champions dans cette catégorie mais aussi dans la photonique quantique, les atomes neutres et les nanotubes de carbone. Cette diversité technologique est coûteuse mais hedge contre le risque qu'une approche particulière se révèle être une impasse.
Pour les entreprises utilisatrices, la question n'est pas de savoir si mais quand les ordinateurs quantiques changeront leur activité. Les applications qui arriveront en premier : optimisation logistique complexe, simulation moléculaire pour la chimie et la pharmacologie, cryptographie et sécurité informatique.
La cryptographie post-quantique est le domaine où les entreprises doivent agir dès maintenant, sans attendre la maturité des ordinateurs quantiques. Les algorithmes de chiffrement actuels seront cassables par des ordinateurs quantiques suffisamment puissants. La migration vers des algorithmes de cryptographie post-quantique prend du temps : identifier les systèmes concernés, tester les nouveaux algorithmes, les déployer dans les infrastructures existantes.
Pour les investisseurs, le quantum computing représente une opportunité à long terme avec un profil de risque élevé. Les fonds les mieux positionnés sont ceux qui ont une capacité d'analyse technique approfondie et peuvent évaluer la solidité scientifique des équipes et des approches technologiques.