La réindustrialisation de la France est l'un des axes majeurs de la politique économique depuis plusieurs années. L'attractivité des sites industriels français, la création de la Banque Publique d'Investissement dédiée à l'industrie, et les programmes d'aide à la robotisation et à la numérisation des usines ont créé des conditions favorables à un renouveau industriel que le secteur du capital-risque commence à financer de manière structurée.
L'industrie française avait longtemps souffert d'une image défavorable dans l'écosystème du capital-risque : secteur capitalistique, cycles longs, marges souvent modestes. Cette perception a évolué pour plusieurs raisons. La crise des chaînes d'approvisionnement de 2021-2022 a révélé la vulnérabilité stratégique d'une économie trop dépendante des productions étrangères. Ensuite, la deeptech industrielle — robotique, IA appliquée à la production, jumeaux numériques, nouveaux matériaux — offre des perspectives de croissance et de marges qui correspondent aux attentes des fonds de capital-risque.
Parmi les fonds les plus actifs sur le financement de l'industrie française, Aster Capital occupe une position de référence. Créé par des dirigeants industriels, il combine une compréhension profonde des enjeux industriels avec une thèse d'investissement centrée sur la transition énergétique et numérique de l'industrie. Son portfolio comprend des start-up dans la robotique collaborative, l'optimisation de processus industriels par IA, et les solutions de maintenance prédictive.
Demeter est un autre acteur majeur, spécialisé dans les investissements au carrefour de l'environnement et de l'industrie. Sa thèse d'investissement couvre les énergies renouvelables, l'économie circulaire et les technologies propres pour l'industrie. Ses investissements se caractérisent par une patience caractéristique des secteurs à cycles longs.
Le Corporate Venture — l'investissement direct de grands industriels dans des start-up — est une composante croissante du financement de l'innovation industrielle française. Airbus Ventures, TotalEnergies Ventures, Michelin Sustainable Ventures, Schneider Electric Ventures : les corporate venture arms des grands industriels français investissent des montants significatifs dans des start-up qui développent des technologies complémentaires à leurs activités. Au-delà du capital, ces investissements apportent des partenariats commerciaux et une crédibilité sectorielle qui sont souvent plus précieux que l'argent lui-même.